Champignon orange sur bois mort : reconnaître les espèces lignicoles

Découvrir un champignon orange sur une souche, une vieille planche ou un tronc tombé, ça surprend toujours. Dans un jardin comme dans une hêtraie, cette tache vive sur le bois mort pose les mêmes questions

Sophie Martineau

Rédigé par : Hugo Lemoine

Publié le : juin 6, 2026


Découvrir un champignon orange sur une souche, une vieille planche ou un tronc tombé, ça surprend toujours. Dans un jardin comme dans une hêtraie, cette tache vive sur le bois mort pose les mêmes questions : est-ce dangereux pour les arbres, pour la maison, pour la santé ? Ces organismes ne sortent pourtant pas de nulle part. Ils appartiennent au grand monde des espèces lignicoles, des champignons qui vivent dans le bois et participent directement à la décomposition du bois. Sans eux, les forêts seraient encombrées de troncs qui ne se décomposent jamais, et la biodiversité forestière s’effondrerait à petit feu.

Entre les taches gélatineuses de trémelle, les grandes étagères du polypore soufré et les minuscules pustules des néctries, l’œil non entraîné se perd vite. On ajoute à ça quelques invités beaucoup moins sympathiques, comme la Galerina marginata (mortelle) ou la mérule (cauchemar des propriétaires), et on comprend pourquoi la identification champignons ne doit jamais se faire à la légère. L’idée n’est pas de transformer tout le monde en mycologue professionnel, mais de donner des repères solides pour faire la différence entre champignons saprophytes utiles et mycètes problématiques pour le bâti ou la santé.

En bref

  • La majorité des champignons orange sur bois mort sont des champignons saprophytes utiles à l’écologie forestière et à la fertilité des sols.
  • Les espèces les plus courantes : trémelle orangée, polypore soufré, calocère visqueuse, Pycnoporus cinnabarinus et diverses néctries.
  • La couleur ne suffit jamais : la forme, la texture, le type de bois et le contexte sont essentiels pour une bonne identification des champignons.
  • Certains champignons orange sont toxiques (Galerina marginata) ou destructeurs de bois d’œuvre (mérule) et doivent être pris très au sérieux.
  • Dans un jardin, la présence de champignons orange sur des souches est généralement un bon signe biologique et ne nécessite pas d’intervention, sauf s’ils touchent un arbre vivant ou une structure en bois de la maison.

Sommaire

Champignon orange sur bois mort : panorama des principales espèces lignicoles

Pour s’y retrouver, rien ne vaut quelques portraits précis. Un propriétaire comme Claire, qui vient de récupérer un ancien verger en lisière de forêt, voit surgir en automne une dizaine de formes orange sur ses souches de pommier et ses piquets de clôture. Sans repères, tout se ressemble. Avec quelques caractéristiques simples, la situation devient beaucoup plus lisible, et c’est exactement le but ici.

Trémelle orangée : la « cervelle » gélatineuse des feuillus

La trémelle orangée (Tremella aurantia) donne l’impression qu’un morceau de gelée a été collé sur le bois. Sa masse plissée forme des lobes imbriqués, d’un jaune orangé vif, presque brillant après la pluie. Elle mesure en général entre 2 et 10 cm de diamètre. Quand le temps devient sec, cette masse se ratatine et se transforme en croûte bosselée terne. Au premier épisode humide, elle se regonfle en quelques heures : ce comportement est typique des mycètes lignicoles gélatineux.

Cette espèce affiche une préférence nette pour le bois mort de feuillus, en particulier le chêne, mais pas uniquement. Elle ne « mange » pas directement le bois : elle parasite le mycélium d’un autre champignon, le Stereum hirsutum (stérée hirsute), déjà installé sur la pièce de bois. Autrement dit, elle arrive dans un second temps, quand la chaîne de décomposition bois est déjà bien lancée. Côté cuisine, aucun intérêt : odeur discrète, goût inexistant, texture amusante mais peu engageante. Elle reste surtout un marqueur visuel d’une bonne activité fongique.

Polypore soufré : le « poulet des bois » spectaculaire

Impossible de passer à côté du polypore soufré (Laetiporus sulphureus). Ce champignon forme de grandes consoles superposées, comme des étagères accrochées sur le tronc. Les couleurs vont du jaune citron au jaune-orangé vif, souvent plus orangé au centre et plus jaune sur le bord. Un bouquet bien développé peut dépasser les 50–60 cm de largeur et peser plusieurs kilos, ce qui en fait un repère évident en promenade.

Ce polypore s’installe sur des arbres vivants ou morts : chênes, peupliers, saules, tilleuls, parfois des fruitiers. Pour Claire, le voir sur un vieux pommier encore debout n’est pas anodin : le champignon indique une faiblesse structurelle de l’arbre. Il provoque une pourriture brune interne, qui fragilise le tronc. D’un point de vue culinaire, certaines personnes le consomment jeune et bien cuit, d’où son surnom de « poulet des bois ». Mais entre risques de confusion, réactions allergiques possibles et contamination sur arbres pollués, la prudence reste la règle.

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Calocère visqueuse : les petites cornes orange des conifères

La calocère visqueuse (Calocera viscosa) ressemble à un petit buisson de corail dressé sur une vieille souche de résineux. Ses rameaux, de 2 à 10 cm de haut, sont orangés à jaune-orangé, bifurqués ou ramifiés, avec une allure de mini-branches. La surface est collante au toucher, surtout par temps humide, ce qui aide à la reconnaître. Elle affectionne particulièrement le bois mort de conifères : épicéa, sapin, pin, planches de terrasse en résineux non traitées laissées au sol, etc.

Côté bouche, même verdict que pour la trémelle : sans intérêt. La chair est coriace et élastique, sans odeur ni saveur marquantes. Sur le plan écologique, par contre, la calocère intervient souvent sur des bois déjà bien attaqués par d’autres champignons saprophytes, dans une étape intermédiaire du cycle de dégradation.

Pycnoporus cinnabarinus et néctries : éclats orange et pustules minuscules

Le Pycnoporus cinnabarinus est un petit polypore très dur, en console, d’un orange à rouge-orangé presque fluorescent. Il se fixe sur des branches mortes de feuillus et forme des croûtes ou des petits éventails de quelques centimètres, à surface lisse et mate. Sa texture est coriace, presque ligneuse, ce qui le rend totalement impropre à la consommation. Il contribue lui aussi à la lente usure des bois laissés au sol.

À l’autre extrême de la taille, des micro-champignons comme les néctries se présentent sous forme de minuscules pustules ou « boutons » orange-rouge de 1 à 2 mm de diamètre. Installées sur l’écorce de branches mortes ou mourantes, elles témoignent souvent de parasites qui ont provoqué des maladies sur l’arbre avant sa mort. Pour Claire, repérer ces points orangés sur des rameaux de pommier ou de prunier l’aide à comprendre l’historique sanitaire de la parcelle.

En gardant ces quelques portraits en tête, un champignon orange sur bois mort cesse d’être un simple point d’interrogation et devient un indicateur de l’état du bois et de son histoire récente.

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Techniques d’identification des champignons orange sur bois mort pour les débutants

Avant de sortir un couteau ou un panier, la première étape reste l’observation. Un promeneur attentif, même sans formation en mycologie, peut déjà trier 80 % des cas avec quatre critères : la forme, la texture, la couleur exacte, et le type de bois colonisé. C’est la méthode utilisée par beaucoup de naturalistes de terrain avant d’ouvrir un guide ou une application.

Forme et texture : deux critères qui parlent vite

Visuellement, on distingue rapidement trois grands « gabarits » parmi les champignons orange lignicoles : les masses gélatineuses (trémelles, dacrymycès), les consoles (polypores, Pycnoporus), et les structures dressées ou en touffe (calocères, mycènes, petites clavaires). En posant simplement la question « est-ce que ça ressemble à une gelée, à une étagère, ou à des petites cornes ? », on oriente déjà l’identification.

La texture donne une deuxième clé. Un champignon qui se déforme comme de la gelée et revient en place est presque toujours gélatineux (trémelle, dacrymycès). Une console dure qu’on a du mal à entailler au couteau appartient aux polypores coriaces. Une chair tendre, cassante, qui s’effrite, oriente plutôt vers des espèces charnues, parfois plus problématiques en cas de confusion. Pour Claire, le simple fait de toucher du bout du doigt (avec des gants fins si possible) lui permet de distinguer un polypore soufré encore jeune, souple, d’un vieux exemplaire sec inutilisable.

Type de bois et contexte : feuillus, résineux, arbre vivant ou souche ?

Le bois mort n’est pas une catégorie homogène. Entre un tronc de chêne au sol, un piquet de clôture en pin autoclave classe 4 et une poutre d’ossature dans un garage, les conditions physiques et chimiques changent complètement. Or beaucoup de mycètes lignicoles sont assez fidèles à un type de support. La trémelle orangée est presque toujours sur feuillus. La calocère visqueuse préfère clairement les résineux. La Galerina marginata affectionne le bois de résineux fortement dégradé, par exemple les vieilles traverses ou les souches d’épicéa.

Autre point crucial : le bois est-il encore vivant ou déjà mort, debout ou couché ? Un polypore soufré sur un chêne encore feuillu n’envoie pas le même message que le même champignon sur une souche depuis dix ans. Dans le premier cas, c’est un drapeau rouge sur la stabilité mécanique de l’arbre. Dans le second, c’est simplement une étape normale de la chaîne de décomposition bois.

Tableau comparatif : repères rapides pour quelques espèces oranges

Pour aider un lecteur comme Claire à y voir plus clair, un tableau synthétique reste souvent plus parlant qu’un long discours.

Espèce Aspect général Texture Type de bois Signes distinctifs Risque pour l’homme / le bâti
Trémelle orangée (Tremella aurantia) Masse gélatineuse plissée, 2–10 cm Souple, tremblotante, se ratatine au sec Souches et branches de feuillus Parasite de Stereum hirsutum, couleur jaune-orangé vif Sans danger, non comestible (sans intérêt)
Polypore soufré (Laetiporus sulphureus) Consoles en étagères, jusqu’à 60 cm Charnue, tendre jeune, cassante en vieillissant Arbres vivants ou morts (chêne, peuplier, tilleul…) Jaune-orangé soufre, souvent en gros bouquets Fragilise les arbres, comestible avec prudence
Calocère visqueuse (Calocera viscosa) Petites cornes ramifiées de 2–10 cm Visqueuse, un peu gélatineuse Bois mort de conifères, souches de résineux Aspect de corail orange, très collante par temps humide Aucun risque structurel, non comestible
Pycnoporus cinnabarinus Petite console dure orange vif Très coriace, presque ligneuse Bois de feuillus bien dégradé Couleur rouge-orangé presque fluorescente Sans danger, non comestible
Néctries (Nectria sp.) Pustules rondes de 1–2 mm, orange-rouge Petites billes fermes Écorce de branches mortes ou affaiblies Souvent nombreuses, groupées en taches Indicateurs de maladies de l’arbre, pas de risque direct pour l’homme

Utiliser guides et applications sans se tromper de confiance

Un guide papier illustré de bonne qualité et une ou deux applications sérieuses sur smartphone peuvent compléter efficacement ces observations. L’important, c’est de ne jamais se contenter d’une seule photo. En pratique, pour une bonne identification champignons, il faut documenter :

  • une vue d’ensemble avec le support (souche, tronc, planche) ;
  • un gros plan de la surface ou des plis ;
  • un profil pour voir l’épaisseur et la fixation au bois ;
  • si possible, l’envers pour vérifier la présence de pores, de lamelles, de tubes.
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Claire garde l’habitude de noter la date, le lieu (forêt de feuillus, plantation de résineux, rebord de terrasse) et les conditions météo des jours précédents. Ces informations, combinées aux photos, permettent ensuite à un spécialiste ou à une communauté en ligne spécialisée de confirmer ou corriger l’identification. L’essentiel, au final, est de retenir ceci : l’observation fine précède toujours le diagnostic sûr.

Rôle écologique des champignons saprophytes orange dans l’écologie forestière

Un champignon orange sur une souche n’est pas qu’un sujet de photo : c’est un rouage d’une mécanique beaucoup plus vaste. Dans une perspective d’écologie forestière, ces champignons saprophytes sont les véritables équipes de démontage de la nature. Ils démontent pièce par pièce le bois mort pour rendre à la terre ce qui vient d’elle. Sans eux, la forêt se transformerait en dépôt de troncs inertes.

Décomposition du bois : de la lignine à l’humus fertile

Le bois est principalement composé de cellulose, d’hémicellulose et de lignine. Autant dire une sorte de béton végétal. La plupart des bactéries n’y touchent quasiment pas. Les champignons lignicoles, eux, produisent des enzymes capables de casser ces molécules. C’est ce travail enzymatique qui transforme peu à peu une poutre dure en un tas de fibres puis en humus. Les espèces qui provoquent une pourriture blanche (bois qui devient clair, fibreux) dégradent lignine et cellulose. Celles qui causent une pourriture brune (bois brun, cubique, friable) s’attaquent surtout à la cellulose.

Dans une vieille chênaie, une souche colonisée par trémelles, polypores, néctries et autres mycètes lignicoles passe ainsi, en une dizaine d’années, d’un bloc solide à un substrat meuble que les racines des jeunes arbres pourront facilement explorer. Claire le voit concrètement dans son verger : les souches laissées en place sont bordées de jeunes pousses qui profitent d’un sol assoupli et enrichi.

Biodiversité forestière : des micro-habitats en série

Les champignons lignicoles ne se contentent pas de recycler. En creusant, fissurant et ramollissant le bois, ils créent une foule de micro-habitats. Les insectes xylophages (qui mangent le bois), les coléoptères saproxyliques, de nombreux acariens, nématodes et autres arthropodes viennent y installer leurs galeries et leurs larves. En cascade, ces invertébrés nourrissent oiseaux insectivores, chauves-souris, petits mammifères, etc.

Un simple tronc couvert de polypores et de trémelles devient ainsi une sorte d’immeuble à étages pour la petite faune, du sol forestier jusqu’à la canopée naissante. Dans un contexte de régression globale de la biodiversité forestière, laisser en place quelques bois morts colonisés par des champignons orange est un geste de gestion écologique simple et précieux.

Succession des décomposeurs : un chantier en plusieurs équipes

Sur le terrain, la décomposition d’une branche suit une sorte de planning. Juste après la mort du bois, des champignons pionniers prennent place, parfois invisibles au début. Certains néctries font partie de cette première vague. Viennent ensuite les décomposeurs primaires comme les polypores soufrés, les trémelles et plusieurs espèces proches. Ils ouvrent la voie, littéralement, en facilitant la pénétration d’eau et l’installation d’autres organismes.

Enfin, des décomposeurs finaux terminent le travail et transforment le bois en une matière brune, grumeleuse, qui se fond progressivement dans l’horizon superficiel du sol. Chaque groupe de champignons a une fenêtre temporelle de quelques mois à quelques années, en fonction de l’essence, du climat, de l’humidité. Comprendre cette chronologie donne un autre regard sur un simple « bout de bois pourri » posé au sol.

Dans cette logique, un champignon orange sur bois mort n’est pas un défaut à corriger, mais l’indicateur qu’une phase précise du cycle est en cours.

Champignons orange, toxiques et destructeurs : repérer les vrais problèmes

Jusqu’ici, le tableau est plutôt positif. Mais soyons clairs : toutes les taches orange ne sont pas des bonnes nouvelles. Dans un jardin, un sous-sol humide ou un vieux grenier, certains champignons orange peuvent poser un problème réel de sécurité sanitaire ou structurelle. La différence avec les espèces simplement lignicoles, c’est souvent le contexte : bois d’œuvre habité, forte humidité, absence de ventilation.

Galerina marginata : un petit champignon mortel à ne jamais sous-estimer

La Galerina marginata est un parfait exemple de champignon à connaître de nom et de forme. C’est un petit champignon à chapeau brun-orangé, de 1 à 6 cm, avec des lamelles sous le chapeau et un pied central souvent muni d’un anneau plus clair. Il pousse en petites touffes, sur bois très dégradé, souvent des résineux : souches, branches pourries, copeaux de bois compostés.

Le danger vient de sa ressemblance avec certains champignons comestibles de petite taille. Pourtant, sa toxicité est extrême : il contient les mêmes toxines que l’amanite phalloïde, capables de détruire foie et reins. Les premiers symptômes peuvent apparaître tard, quand les dégâts sont déjà bien engagés. Si Claire ramasse un champignon de ce type pour la poêle, sans identification solide, elle joue avec sa vie. D’où la règle d’or : jamais de consommation sans validation par un mycologue expérimenté.

Mérule (Serpula lacrymans) : du bois d’œuvre au champ de ruines

Autre sujet sensible : la mérule, surtout en contexte bâti. Contrairement à la plupart des champignons lignicoles forestiers, elle aime les environnements clos, humides, mal ventilés : cave semi-enterrée, vide sanitaire, plancher sur terre battue, pied de mur où une fuite n’a pas été traitée. Elle colonise des bois d’œuvre comme des solives de plancher, des chevrons de toiture, des montants d’ossature.

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Visuellement, elle se présente d’abord sous forme de mycélium blanc cotonneux, parfois tirant sur le jaune ou le lilas, qui serpente sur le bois, la brique, voire le béton. Ensuite, elle produit des « galettes » brun-orangé, plus ou moins circulaires : ce sont les organes fructifères qui disséminent les spores. Une odeur forte de champignon de cave, persistante, est un autre signe d’alerte. En charpente, on croise parfois des cas où la mérule a traversé des joints de maçonnerie pour aller chercher une autre source de bois, profitant de l’humidité résiduelle.

Face à ça, la réaction doit être rapide : recherche et suppression de toutes les sources d’humidité, amélioration radicale de la ventilation, diagnostic complet par un professionnel, remplacement des bois touchés et traitement fongicide sérieux. Laisser traîner, c’est accepter que des pièces porteuses perdent 50 % de leur résistance en quelques années.

Signaux d’alerte dans une maison en bois ou avec charpente apparente

Pour un propriétaire qui vit sous une charpente traditionnelle ou un plancher bois, quelques réflexes valent de l’or. Il faut surveiller :

  • toute apparition de taches orange ou brun-orangé sur des bois normalement secs (solives, lambourdes, chevrons) ;
  • la présence de mycélium blanc filandreux sur les murs ou le sol autour de bois d’œuvre ;
  • un affaissement localisé d’un plancher ou une sensation d’élasticité nouvelle sous le pied ;
  • des odeurs de moisi persistantes dans une zone donnée malgré les aérations.

Si l’un de ces éléments coïncide avec un ancien dégât des eaux, une infiltration ou un sous-sol humide, le recours à un spécialiste s’impose. Là encore, la couleur orange attire l’œil, mais c’est le type de support (bois structurel vs souche de jardin) qui fait vraiment la différence entre simple curiosité mycologique et urgence technique.

Que faire d’un champignon orange sur bois mort au jardin ? Gérer sans sur-réagir

Dans un espace comme le terrain de Claire, qui combine un coin verger, un talus et quelques vieux piquets, l’apparition de champignons orange est presque garantie. La question n’est pas « comment les éliminer ? », mais « faut-il intervenir, et si oui comment ? ». La plupart du temps, la bonne réponse est : on observe et on laisse travailler. Mais pas toujours.

Quand laisser faire la nature est la meilleure solution

Sur des souches isolées, des troncs déjà tombés ou du bois empilé à l’écart des constructions, ces champignons lignicoles font exactement ce qu’on peut attendre d’eux : accélérer le retour du bois à la terre. Pour Claire, garder quelques souches colonisées dans un coin discret lui permet de créer des « souches nourricières », véritables stations-service pour la petite faune et future réserve d’humus. Dans ce cas, couper le champignon visible ne sert à rien : le mycélium, caché dans le bois, reprendrait aussitôt le dessus.

Le seul entretien utile peut être un contrôle visuel annuel pour vérifier qu’aucune espèce problématique (comme Galerina marginata si des enfants jouent sur place) n’est devenue dominante. Sinon, mieux vaut profiter du spectacle et des services écosystémiques fournis gratuitement.

Situations où la vigilance s’impose

Il existe néanmoins des cas où un champignon orange sur bois mort doit faire lever la tête :

  • présence de polypore soufré sur un arbre vivant proche d’une maison, d’un parking ou d’une aire de jeux ;
  • champignons lignicoles sur des structures bois en extérieur (terrasse, escaliers, pergola) soumis à la pluie mais non traités ou mal ventilés ;
  • développement de champignons sur des piquets de clôture porteurs, qui risquent de casser au ras du sol ;
  • prolifération sur des stockages de bois proches d’une façade ou posés à même le sol contre un mur.

Dans ces cas-là, le champignon sert de voyant d’alarme. La vraie cause, c’est le bois humide en permanence, soumis à des éclaboussures, à des stagnations d’eau ou à un manque d’aération. Un simple nettoyage de surface ne résoudra rien. Il faut souvent repenser l’implantation (décoller le bois du sol, créer une ventilation, poser des pieds réglables), et dans certains cas remplacer des pièces trop attaquées par des éléments en classe de durabilité plus adaptée.

Pour Claire, qui avait stocké des bastaings de sapin non traités directement au sol derrière le garage, l’apparition de calocères visqueuses et d’autres mycètes lignicoles a servi de rappel : un bois d’œuvre doit toujours être stocké au sec, ventilé, surélevé d’au moins quelques centimètres par rapport au sol minéral.

Photographier, documenter et participer à la connaissance

Enfin, au jardin comme en forêt, ces champignons orange constituent d’excellents sujets pour la photographie et les sciences participatives. Les matins humides et lumineux, où les couleurs sont saturées, sont parfaits pour capter la brillance d’une trémelle ou les strates d’un polypore soufré. Les clichés pris par Claire, géolocalisés et partagés sur des plateformes comme iNaturalist, viennent enrichir les bases de données sur la répartition des espèces en France, ce qui aide chercheurs et gestionnaires forestiers à suivre l’évolution du monde fongique.

En résumé, la meilleure attitude au jardin consiste à considérer chaque champignon orange comme une question à résoudre : est-il sur un bois structurel ou non ? Sur un arbre encore vivant ou déjà mort ? Sur feuillu ou résineux ? Dès qu’on a répondu à ces points, le choix entre laisser en place, surveiller ou intervenir devient beaucoup plus simple.

Un champignon orange sur une souche dans mon jardin est-il dangereux pour mes autres arbres ?

La plupart du temps, non. Les champignons orange présents sur une souche ou du bois déjà mort sont des champignons saprophytes qui se nourrissent de matière morte. Ils ne vont pas, par eux-mêmes, « attaquer » un arbre sain à distance. Ils accélèrent la décomposition de la souche, ce qui enrichit le sol. La vigilance est seulement nécessaire si des champignons apparaissent sur un arbre encore vivant, surtout s il porte déjà des branches mortes ou un feuillage dégarnie.

Peut-on manger le polypore soufré trouvé sur un arbre ?

Le polypore soufré est considéré comme comestible jeune et bien cuit par certains amateurs, d où son surnom de poulet des bois. Mais la prudence est indispensable : une identification sûre est obligatoire, certaines personnes réagissent mal même à une cuisson correcte, et les arbres proches de zones polluées peuvent concentrer des contaminants. Si vous n avez pas l habitude de la mycologie, mieux vaut vous abstenir ou faire valider votre récolte par un mycologue local.

Comment savoir si un champignon orange dans ma cave est de la mérule ?

La mérule se reconnaît surtout à son mycélium blanc cotonneux qui s étend sur le bois, la maçonnerie ou le sol, à son odeur de cave très forte et à la présence éventuelle de galettes brun-orangées, souvent circulaires. Elle apparaît presque toujours dans des zones très humides et mal ventilées. Au moindre doute dans un sous-sol ou un vide sanitaire, le plus sûr est de faire intervenir un spécialiste, car les dégâts peuvent être importants sur les planchers et les charpentes.

Dois-je enlever les champignons orange sur mes piquets de clôture en bois ?

Ces champignons indiquent surtout que le piquet reste humide trop longtemps, généralement au niveau du sol. Les enlever à la main ne résout pas le problème de fond. Il est préférable de vérifier la solidité mécanique du piquet, d améliorer le drainage au pied, voire de remplacer les éléments trop attaqués par des piquets en bois plus durable ou sur support métallique. La présence ponctuelle de trémelles ou de polypores sur un piquet très âgé est surtout un signe qu il arrive en fin de vie.

Les champignons orange enrichissent-ils vraiment le sol ?

Oui. En décomposant la lignine et la cellulose du bois mort, les champignons lignicoles libèrent progressivement carbone, azote, phosphore et autres minéraux. Ces éléments se retrouvent dans l humus, ce qui améliore la structure du sol et sa capacité à retenir l eau. Laisser quelques souches ou bûches se décomposer naturellement dans un coin du jardin est un moyen simple de favoriser un sol vivant et fertile sur le long terme.

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