Nettoyer sa terrasse à la javel : dosage, dilution et alternatives

Au printemps, beaucoup découvrent une terrasse envahie de mousses, taches noires et traces vertes que le simple balai ne suffit plus à faire disparaître. Dans la panique, un réflexe revient souvent : sortir la javel

Sophie Martineau

Rédigé par : Hugo Lemoine

Publié le : juin 27, 2026


Au printemps, beaucoup découvrent une terrasse envahie de mousses, taches noires et traces vertes que le simple balai ne suffit plus à faire disparaître. Dans la panique, un réflexe revient souvent : sortir la javel en se disant que ce sera vite réglé. Sur le papier, le raisonnement se tient : ce produit attaque les micro-organismes et redonne un aspect plus clair au sol. Mais entre nettoyer terrasse efficacement et décolorer un bois, fragiliser un béton ou brûler les massifs de fleurs à côté, il y a un monde. L’objectif n’est pas seulement d’avoir quelque chose de propre le lendemain, mais aussi de garder une terrasse saine et solide dans cinq ans.

Sur les chantiers, la question revient souvent, surtout quand la dalle a passé plusieurs hivers sans vrai entretien terrasse. Certains ont déjà testé des mélanges “à l’œil” de javel concentrée et d’eau, appliqués au pulvérisateur, sans masque ni gants. Résultat : yeux qui piquent, odeur de chlore qui reste dans la gorge, lames de bois qui ont blanchi par plaques, voire joints de carrelage qui s’effritent. À l’inverse, d’autres ont basculé sur des alternatives javel plus douces – vinaigre, bicarbonate, savon noir – avec de bons résultats, mais en acceptant d’y passer un peu plus de temps et d’huile de coude. L’enjeu est donc double : comprendre ce que fait vraiment la javel, savoir quand elle peut rendre service, et surtout quand il vaut mieux la laisser au placard.

En bref

  • La javel est efficace sur les mousses, algues et moisissures, mais beaucoup moins sur les graisses et la pollution, où un vrai dégraissant terrasse sera plus adapté.
  • Le bon dosage javel pour le nettoyage extérieur reste modéré : toujours en dessous d’environ 2 % d’hypochlorite de sodium, avec une dilution javel précise et un temps de pose limité.
  • Certains matériaux n’aiment pas du tout la javel : bois, pierre naturelle calcaire, composite sensible, joints fragiles. Le risque, c’est la décoloration, la porosité et la perte de résistance mécanique.
  • Les impacts sur la santé et l’environnement ne sont pas négligeables : vapeurs irritantes, ruissellement toxique pour les sols et les bassins, réactions dangereuses si on mélange avec d’autres produits ménagers.
  • Les alternatives écologiques (vinaigre blanc, bicarbonate, savon noir) permettent souvent d’obtenir un résultat propre sans abîmer la terrasse ni le jardin.
  • L’entretien régulier (balayage, brossage doux, hydrofuge, huile ou saturateur) évite d’avoir à ressortir la javel en “opération commando” une fois tous les cinq ans.

Nettoyer sa terrasse à la javel : efficacité réelle et limites à connaître

Le réflexe “javel” vient d’un constat simple : ce produit est un oxydant puissant. Sur une terrasse encrassée, il attaque directement les micro-organismes à l’origine des taches vertes ou noires. Sur des dalles en béton anciennes, un mélange bien dosé peut faire disparaître en une quinzaine de minutes une couche de mousse que même le balai-brosse ne voulait plus quitter. Visuellement, l’effet “avant / après” est souvent spectaculaire, surtout sur les zones peu circulées où l’humidité stagne.

Techniquement, la javel (hypochlorite de sodium) détruit les parois cellulaires des algues, champignons et bactéries. Sur une terrasse exposée au nord, qui ne voit presque pas le soleil, cette action est redoutable. Mais attention à ne pas lui demander ce pour quoi elle n’est pas faite. Sur des graisses de barbecue, des taches d’huile de moteur ou de la pollution de rue, elle sera beaucoup moins efficace qu’un vrai dégraissant terrasse formulé pour émulsionner les graisses. Autrement dit : javel pour le vivant (mousses, moisissures), détergent pour le gras.

Là où les choses se corsent, c’est sur la gestion du dosage javel. Les flacons ménagers vendus en grande surface oscillent souvent entre 2,6 °Cl et 9,6 °Cl. Une version légèrement concentrée (2,6 °Cl) peut, dans certains cas, être utilisée presque telle quelle sur une dalle minérale, à condition de rincer très généreusement. Mais dès qu’on passe sur des javel à 9,6 °Cl ou plus, il est impératif de respecter une dilution javel sérieuse, du type 1 volume de javel pour 4 à 10 volumes d’eau selon l’état de la terrasse.

Pour se repérer, un simple schéma de dilutions possibles sur support minéral peut servir de base :

Type de salissure Concentration indicative (javel 9,6 %) Temps de pose maximum
Mousses et algues légères 1:10 (100 ml pour 1 L d’eau) 5 à 10 minutes
Moisissures incrustées sur dalle minérale 1:5 (200 ml pour 1 L d’eau) 10 à 15 minutes
Taches noires anciennes sur béton 1:4 (250 ml pour 1 L d’eau) 15 à 20 minutes

Ces chiffres restent des ordres de grandeur. Le principe de base à garder : ne jamais dépasser une solution autour de 2 % d’hypochlorite pour un usage extérieur domestique, et toujours tester sur une petite zone discrète avant de se lancer sur toute la terrasse. Le temps de pose est tout aussi important : laisser sécher la solution sur place est le meilleur moyen de marquer définitivement la surface.

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Autre point qu’on oublie souvent : la javel réagit avec certains autres produits ménagers. Mélangée avec des acides (détartrants sanitaires, par exemple), elle peut dégager des vapeurs de chlore très toxiques. C’est typiquement le genre de mélange improvisé qu’on voit parfois sur les chantiers privés et qui finit à l’URGENCE. La règle est simple : jamais de cocktail. Si un autre produit a été utilisé récemment sur la terrasse, un rinçage soigneux est obligatoire avant de passer à une solution chlorée.

Pour limiter les dégâts, le nettoyage extérieur à la javel doit toujours s’accompagner d’un équipement correct : gants résistants, lunettes, masque léger si la zone est peu ventilée. Sur un balcon encaissé ou une cour fermée, une bonne circulation d’air n’est pas négociable. À défaut, la séance de ménage peut vite ressembler à un test d’endurance respiratoire. La javel peut rendre service ponctuellement, mais seulement dans un cadre bien maîtrisé.

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Compatibilité javel selon les matériaux de terrasse : béton, bois, pierre, composite, carrelage

Venons-en au cœur des débats : tout dépend du matériau. Une même solution javellisée peut très bien convenir à une dalle de béton brut déjà ancienne, et être catastrophique sur une terrasse en bois ou en pierre calcaire récente. C’est là que beaucoup se font piéger. Alors, nettoyer terrasse à la javel, d’accord, mais jamais sans se poser la question du support.

Terrasse en béton ou en dalles minérales

Sur un béton brut, vieux de plusieurs années, la javel diluée reste parfois envisageable. Quelques artisans acceptent de l’utiliser en dernière cartouche sur des dalles tellement encrassées que les solutions classiques ne suffisent plus. Le problème, c’est que l’hypochlorite peut aussi attaquer la surface, ouvrir légèrement la porosité et rendre la dalle plus sensible aux futures taches. Autrement dit, on gagne visuellement à court terme, mais on risque d’augmenter la fréquence des nettoyages lourds.

Sur des dalles décoratives, du béton imprimé ou désactivé, la prudence doit être maximale. Les teintes ajoutées dans la masse ou en surface n’aiment pas forcément le chlore concentré. Certains fabricants précisent d’ailleurs noir sur blanc dans leurs notices que les produits chlorés sont à bannir. Si la dalle a déjà perdu de son éclat, mieux vaut parfois envisager un dégrisage mécanisé ou chimique adapté plutôt que de jouer à l’apprenti chimiste avec la javel.

Terrasse en bois naturel

Sur le bois, la réponse est nette : mauvaise idée. La javel attaque la lignine, qui est un des composants principaux des fibres. Résultat, les lames se décolorent en surface, prennent un aspect blanchi, parfois tacheté, et les fibres s’ouvrent. À terme, on se retrouve avec un platelage plus fragile, qui accroche davantage l’eau et la saleté. Pour rattraper ensuite, il faut souvent poncer en profondeur puis passer par un produit de type acide oxalique pour uniformiser la teinte. C’est pour ça qu’un guide comme l’utilisation de l’acide oxalique pour dégriser le bois est bien plus cohérent que la javel sur une terrasse bois.

Pour une terrasse en douglas ou en pin traité qui a verdi, un mélange bicarbonate + brosse + rinçage reste largement suffisant dans la plupart des cas. Un dégrisage, puis un saturateur ou une huile de protection, permettront de repartir sur une base saine. Là encore, il faut accepter que le bois vive, grise un peu, plutôt que d’essayer de le “blanchir” au chlore au risque de le tuer à petit feu.

Terrasse en pierre naturelle

Les pierres calcaires (travertin, certains marbres, pierres locales) réagissent très mal aux environnements acides, mais elles n’aiment pas beaucoup plus les produits fortement oxydants comme la javel. Sur ce type de matériau, chaque attaque chimique crée des micro-cavités, un aspect “dévoré” ou mat, et surtout une modification irréversible de la teinte. Même si le sol paraît plus clair juste après, l’aspect à moyen terme peut être très décevant, avec des zones poreuses qui accrochent toutes les salissures.

Pour ces terrasses-là, mieux vaut miser sur des nettoyants doux, adaptés au minéral, et un bon traitement hydrofuge chaque année. Un brossage régulier au savon noir limite l’apparition des mousses, sans altérer la surface. Si des taches tenaces persistent, certaines techniques mécaniques (micro-gommage, par exemple) donnent de bien meilleurs résultats que la javel, sans mettre en péril la pierre.

Terrasse en composite

Les lames composites mélangent fibres végétales et résines polymères. Ce cocktail rend le matériau très sensible aux produits trop forts. Une dilution javel mal maîtrisée peut provoquer des décolorations par zones, des traces plus claires autour des points de ruissellement, voire une altération de la texture antidérapante. Sur une terrasse récente, ce genre de tache est quasiment impossible à rattraper sans changer les lames concernées.

Les fabricants recommandent généralement un savon doux, de l’eau tiède et éventuellement un détergent spécialisé pour composite. Associés à un rinçage basse pression, ces produits suffisent largement à garder les lames propres. Pour ceux qui veulent aller plus loin sur l’aménagement, l’installation d’une pergola autoportée à quatre poteaux limite l’encrassement en réduisant l’exposition directe à la pluie et aux feuilles.

Terrasse en carrelage

Le grès cérame de qualité supporte mieux la javel que le bois ou la pierre calcaire, mais il ne faut pas croire qu’il est indestructible. Des applications répétées de solutions chlorées trop fortes peuvent rendre la surface plus poreuse, surtout si l’émail est déjà microfissuré. Les joints, eux, sont souvent les premiers à trinquer : ils se décolorent, se friabilisent, et laissent plus facilement passer l’humidité.

Sur une terrasse carrelée, la javel ne devrait être utilisée qu’en dernier recours, diluée et ponctuellement. Pour un entretien courant, un simple savon noir ou un détergent pH neutre font parfaitement le travail. En cas de salissures grasses autour d’un coin cuisson, l’association d’un produit dégraissant terrasse, d’un bon brossage et d’un rinçage soigné reste la combinaison la plus saine à long terme.

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Risques pour la santé et l’environnement lors du nettoyage terrasse à la javel

Entre nous, la javel n’est pas juste un “produit qui sent fort”. Sur un chantier, l’erreur classique consiste à la traiter comme un simple liquide de ménage. Pourtant, dès qu’elle est pulvérisée ou versée en quantité, elle libère des vapeurs irritantes pour les yeux, les voies respiratoires et la peau. Sur une terrasse un peu encaissée, sans beaucoup de courant d’air, ces gaz peuvent s’accumuler à hauteur de visage. Quelques minutes suffisent pour avoir les yeux qui pleurent et une toux sèche tenace.

La dangerosité grimpe d’un cran dès qu’on commence à mélanger. Certains combinent encore javel et vinaigre, par exemple, croyant “booster l’efficacité”. Or, cette association libère du chlore gazeux, utilisé autrefois comme gaz de combat. Même à petite dose, ce n’est pas un jeu. C’est la même chose avec certains détartants acides : jamais de cocktail improvisé avec la javel. Le nettoyage doit se faire produit par produit, avec un rinçage clair entre chaque tentative.

Côté environnement, l’impact est loin d’être neutre. Une terrasse n’est jamais un bac étanche : l’eau de rinçage part dans le jardin, les massifs, parfois vers un bassin ou le réseau pluvial. Les solutions javellisées détruisent la flore microbienne des sols, celle qui permet justement au terrain de se régénérer et de nourrir les plantes. À force de traitements, on voit apparaître des zones de terre “mortes” où les végétaux peinent à reprendre, tandis que les insectes utiles se raréfient. Ceux qui s’intéressent à la mise en place de plantes répulsives pour les moustiques au jardin savent à quel point un écosystème équilibré compte.

Pour limiter cet impact, plusieurs bonnes pratiques s’imposent :

  • Travailler par zones plutôt que de tout asperger : traiter uniquement les bandes vraiment infestées de mousses.
  • Protéger les abords sensibles : massifs, potager, bassin, jeux d’enfants, à l’aide de bâches ou en déviant l’eau de rinçage.
  • Rincer abondamment à l’eau claire, en utilisant au moins trois fois le volume de solution appliquée.
  • Éviter la pluie annoncée dans les heures qui suivent, pour ne pas lessiver le produit vers les zones sensibles.
  • Stocker la javel dans un local ventilé, à l’abri de la chaleur et du soleil, pour limiter sa décomposition et les fuites.

Il est également possible d’organiser la récupération partielle des eaux de rinçage, un peu comme on le ferait pour l’entretien d’un bassin préformé. En canalisant le ruissellement vers une zone de décantation sans végétation sensible, on limite la dispersion des produits chlorés dans le reste du jardin. Ce n’est pas parfait, mais c’est toujours mieux que de laisser filer l’eau directement dans un parterre fleuri.

Sur la santé, la vigilance est la même : gants épais, lunettes couvrantes, éventuellement un masque si l’application se fait au pulvérisateur. La consigne est simple : si ça pique aux yeux ou à la gorge, c’est déjà de trop. Mieux vaut couper la séance, aérer, et revenir avec un dosage plus sage ou un autre produit moins agressif. Avec la javel, la ligne entre “efficace” et “trop fort” est vite franchie.

Alternatives écologiques à la javel pour le nettoyage extérieur

Heureusement, la javel n’est pas le seul moyen de retrouver une terrasse propre. Plusieurs alternatives javel fonctionnent très bien pour un nettoyage extérieur régulier, en particulier quand on s’y prend chaque année au lieu de laisser les salissures s’installer. Trois produits ressortent souvent : le vinaigre blanc, le bicarbonate de soude et le savon noir liquide.

Vinaigre blanc : antifongique et détartrant doux

Le vinaigre blanc, avec son acide acétique autour de 8 %, s’attaque efficacement aux dépôts calcaires et à une partie des champignons microscopiques. Pour une terrasse en carrelage ou en béton bien serré, un mélange moitié eau tiède, moitié vinaigre, appliqué généreusement, laissé 15 à 20 minutes, puis brossé, permet de décoller une bonne partie des salissures. L’odeur disparaît vite au séchage et le produit ne laisse pas de résidu toxique.

Sur pierre calcaire, en revanche, il faut être prudent. L’acidité attaque le carbonate de calcium, un peu comme un citron sur un morceau de craie. Une utilisation exceptionnelle sur tache ciblée ne va pas ruiner la terrasse, mais une habitude mensuelle finirait par marquer la surface. Là encore, le test sur une zone peu visible reste la meilleure assurance avant de traiter en grand.

Bicarbonate de soude : action douce mais tenace

Le bicarbonate de soude, légèrement basique, agit comme un tampon qui neutralise certaines salissures acides et apporte en plus une petite action abrasive. Une recette simple consiste à dissoudre trois cuillères à soupe de bicarbonate dans un litre d’eau chaude, à répartir le mélange sur les zones encrassées, puis à laisser agir 30 à 45 minutes avant de passer la brosse. Sur une terrasse bois comme sur un composite, ce mélange respecte bien mieux les fibres ou les liants que la javel.

Le résultat n’est pas toujours instantané au premier passage, surtout sur des taches anciennes, mais on peut renouveler sans risque pour le support ni pour le sol alentour. Couplé à un bon brossage dans le sens des lames pour le bois, le bicarbonate permet souvent d’éviter complètement le recours à des produits chlorés.

Savon noir : le polyvalent pour entretien terrasse

Le savon noir liquide, issu d’huiles végétales saponifiées, est un excellent compromis pour l’entretien terrasse courant. Deux cuillères à soupe dans un litre d’eau tiède suffisent pour préparer une solution qui dégraisse bien les traces de pollution, les marques de barbecue et la saleté accumulée, tout en restant douce pour les matériaux. Sur une terrasse bois, brossage au savon noir suivi d’un rinçage soigneux est une routine très efficace.

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Seul bémol : ça mousse. Le rinçage doit donc être généreux pour éviter de laisser une pellicule glissante. Mais à l’inverse de la javel, si l’eau finit dans le jardin, ce n’est pas un drame. Ceux qui cherchent à réduire les insecticides dans leur extérieur, en préférant par exemple un anti-fourmis naturel ou des pièges maison pour les mouches, voient rapidement l’intérêt de limiter aussi les produits agressifs sur les sols.

Une petite comparaison aide à se repérer :

Produit naturel Utilisation type Points forts Limites
Vinaigre blanc Carrelage, béton dense Antifongique, détartrant, économique À éviter sur pierre calcaire sensible
Bicarbonate de soude Bois, composite, dalles anciennes Doux, non toxique, action progressive Moins rapide sur taches très anciennes
Savon noir Entretien courant toutes surfaces Dégraisse, pH neutre, polyvalent Nécessite un rinçage abondant

Pour appliquer ces solutions, un matériel simple suffit : seau de 5 litres, balai-brosse à poils semi-rigides et éventuellement un pulvérisateur de jardin propre. Le travail se fait en trois étapes : balayage pour enlever feuilles et poussières, application du mélange, brossage, puis rinçage modéré au tuyau. Sur les grandes terrasses, mieux vaut travailler par tronçons d’1 à 2 m² pour garder un temps d’action régulier.

L’astuce qui change tout consiste à choisir le bon moment. En plein soleil d’été, les solutions s’évaporent avant d’avoir le temps d’agir. En fin d’après-midi ou le matin, les produits restent plus longtemps en surface, donc on frotte moins et on consomme moins de mélange. C’est une manière simple de faire rimer nettoyage extérieur avec efficacité et sobriété, sans dépendre systématiquement de la javel.

Stratégies d’entretien terrasse : éviter de dépendre de la javel

Le meilleur moyen de ne pas avoir à ressortir la javel tous les deux ans, c’est de mettre en place un vrai entretien terrasse régulier. Une terrasse entretenue ne nécessite qu’un nettoyage doux au printemps et à l’automne, au lieu d’un décapage agressif tous les cinq ans. Là encore, le programme dépend du matériau, mais une logique simple s’applique à tous : éviter l’accumulation.

Bois : brossage, dégrisage et protection

Sur bois, un balayage mensuel pour enlever feuilles, aiguilles de pin et terre évite l’humidité stagnante qui favorise la mousse. Tous les deux ou trois mois, un lavage au savon noir dilué avec brossage dans le sens des fibres suffira à garder le platelage propre. Une fois par an, un ponçage léger (grain 120) permet d’enlever les fibres relevées par les intempéries et de préparer le support à recevoir une huile ou un saturateur.

Si le bois a déjà bien grisé, un passage par un dégriseur à base d’acide oxalique, bien utilisé, redonne une teinte plus uniforme avant la protection. L’idée n’est pas de figer la terrasse dans un aspect “neuf showroom”, mais de garder des lames qui restent structurellement saines et agréables au pied, sans avoir à les “brûler” à la javel.

Carrelage et pierre : joints propres et hydrofuge

Pour les terrasses minérales, la clé se situe souvent dans les joints. Ce sont eux qui accumulent micro-algues, poussière et graines, et finissent par verdir ou noircir les bords de carreaux. Un brossage trimestriel des joints avec une petite brosse, plus un lavage à l’eau savonneuse, coupe l’herbe sous le pied des mousses. Une fois par an, un traitement hydrofuge adapté à la nature du matériau réduit fortement la pénétration de l’eau, donc le développement biologique.

Quand des éclats ou des manques apparaissent dans les joints, un petit ragréage avec un mortier bien dosé permet de restaurer la continuité et d’éviter les infiltrations d’eau qui ouvriraient davantage la structure au gel. Ce travail de fond limite fortement le recours aux produits forts, car la terrasse se salit moins profondément.

Composite : douceur et protection mécanique

Les lames composites ont besoin de peu de chimie, mais d’un peu de discipline. Un rinçage à l’eau claire et brossage léger suffit souvent tous les deux mois en saison. En cas de taches grasses, un produit ménager pH neutre ou un détergent spécial composite est largement préférable à la javel. Côté matériel, évitez absolument le nettoyeur haute pression réglé trop fort, qui “écorche” la surface et la rend plus accrocheuse.

L’aménagement autour joue aussi un rôle. Une pergola, un store ou quelques arbustes stratégiquement placés limitent la quantité de feuilles et d’eau qui tombent sur la terrasse. Là où certains installent par exemple un petit bar extérieur en bois, d’autres optent pour un coin végétalisé qui filtre une partie de la pluie et des débris. Dans tous les cas, moins il y a de dépôt organique, moins on a besoin de sortir la chimie.

Si vous deviez retenir une règle simple : plus l’entretien est fréquent et doux, moins la terrasse réclame de traitements violents. Un coup de brosse et de savon noir tous les deux mois valent mieux qu’un choc à la javel tous les cinq ans.

Quel dosage javel utiliser pour nettoyer une terrasse en béton ancien ?

Sur un béton brut déjà ancien, une dilution d’environ 1 volume de javel ménagère à 9,6 % pour 8 à 10 volumes d’eau est généralement suffisante. La solution doit rester sous les 2 % d’hypochlorite de sodium, avec un temps de pose limité à 10–15 minutes maximum avant un rinçage abondant. Un test sur une petite zone discrète est indispensable avant de traiter toute la surface.

Peut-on nettoyer une terrasse en bois avec de la javel sans l’abîmer ?

Non, même bien diluée, la javel finit toujours par attaquer la lignine du bois, ce qui provoque un blanchiment irrégulier et un affaiblissement des fibres. Pour un bois qui a verdi, mieux vaut un mélange eau + bicarbonate ou savon noir, un brossage dans le sens des fibres, puis éventuellement un dégriseur spécifique suivi d’un saturateur ou d’une huile de protection.

La javel est-elle efficace contre les taches de graisse sur la terrasse ?

La javel agit surtout comme oxydant et désinfectant. Elle est donc performante sur les mousses, algues et moisissures, mais peu efficace sur les graisses de barbecue ou les huiles minérales. Pour ces salissures-là, un dégraissant terrasse adapté ou un savon noir concentré, associé à un brossage énergique, donne de bien meilleurs résultats sans abîmer le support.

Quelles sont les meilleures alternatives écologiques à la javel pour le nettoyage extérieur ?

Trois produits se démarquent pour remplacer la javel : le vinaigre blanc (moitié eau, moitié vinaigre) pour les surfaces minérales résistantes, le bicarbonate de soude (3 cuillères par litre d’eau chaude) pour les bois et composites, et le savon noir liquide (2 cuillères par litre) pour l’entretien courant toutes surfaces. Tous nécessitent un brossage et un bon rinçage, mais ils respectent mieux les matériaux, la santé et l’environnement.

À quelle fréquence faut-il nettoyer sa terrasse pour éviter d’avoir recours à la javel ?

Un balayage mensuel et un nettoyage doux au savon noir ou au bicarbonate deux à trois fois par an suffisent, dans la plupart des cas, à garder une terrasse propre. Sur les matériaux poreux comme le bois ou la pierre, compléter par un traitement de protection (huile, saturateur, hydrofuge) une à deux fois par an réduit fortement le développement des mousses et évite d’avoir recours à la javel en “décapage de rattrapage”.

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